Dec 15

beatlesJe vais vous conter aujourd’hui l’histoire de quatre jeunes britanniques amoureux de rock & roll, qui décidèrent un jour de quitter leur banlieue de Liverpool pour tenter de réussir une carrière comme groupe. Quelques années plus tard, ces mêmes quatre jeunes britanniques entraient dans la légende, et s’imposaient comme le plus grand groupe que la musique ait connue. On les appelait : The Beatles. Ils demeurent depuis le groupe ayant vendu le plus de disques au monde (plus d’un milliard de disques vendus). Voici leur histoire.

Tout commence en 1957. John Lennon est alors un jeune adolescent de 16 ans passionné de guitare, et fait la rencontre, via un ami commun, du jeune Paul McCartney. John Lennon, un peu éméché, lui demande de jouer un petit morceau, et McCartney s’exécute. Le duo le plus mythique de l’histoire de la musique s’est crée. Quelques jours plus tard, Pete Shotton, un ami de Paul, demande à intégrer le groupe. Paul vient d’avoir 15 ans, et accepte avec plaisir.

En février 1958, McCarney insiste auprès de Lennon pour intégrer un quatrième membre au groupe, le jeune George Harrison. Malgré que Lennon le trouve trop jeune, Harrison devient le troisième guitariste du groupe. Les Beatles sont nés. Après plusieurs tentatives de nom de groupe (The silver beetles, Silver beats…), ils décident en 1960 de prendre le nom de Beatles, en référence au film L’équipée Sauvage où Marlon Brando fait face au gang des scarabées (the beetles), ainsi qu’au rythme (beat) si particulier du Rock & Roll (beat music). Très influencés par les stars du rock (Elvis, Chuck Berry…), le duo Lennon/McCartney commence à écrire des dizaines de chansons.

AK-8-The-Beatles-Hamburg-FuEn 1961, après quelques concerts en Allemagne, les Beatles reviennent à Liverpool, où ils demeurent méconnus. Leur premier concert accueille 18 personnes. Entre temps, ils ont recruté un 5ème membre, un batteur du nom de Pete Best. Mais en 1962, Shotton décède. McCartney le remplace comme bassiste.

Le groupe trouve un bar, le Cavern Club de Liverpool, où il se fait un public. Les Beatles s’y produiront plus de 300 fois. Le 6 juin 1962, les Beatles débarquent dans les studios EMI de Londres, situés sur Abbey Road. La légende de ce lieu mythique de Liverpool prend vie. Après quelques enregistrements, le groupe décide de se débarrasser de Pete Best, pas assez bon, et recrute Ringo Starr, qui connait le succès avec son groupe, mais ne s’entend pas vraiment avec ses camarades. Le 11 septembre, les Beatles enregistrent leur premier single, Love me do.

Ce single atteint la 17ème place du classement britannique. Une petite victoire pour ce groupe qui vient de naître. Mais c’est leur second single Please Please Me qui les propule au premier rang du classement. Les Beatles obtiennent alors l’autorisation d’enregistrer un album entier, baptisé Please Please Me, qui sort en 1963 et reste sept mois en tête du Hit Parade.

Les succès s’enchaînent, et le titre She Loves You et le célèbre “Yeah, Yeah, Yeah” rend les Beatles célèbres dans toute l’Europe. La Beatlemania prend vie.

Véritable consécration le 4 avril 1963, lorsque les Beatles sont invités à se produire devant la famille Royale d’Angleterre. Durant l’année 1963, Lennon et McCartney ne cessent d’écrire des chansons. Dans le bus, dans leur chambre, dans les loges, ils écrivent des centaines de titres.

Alors encore en tête du Hit Parade, l’album Please Please Me se voit remplacé en tête par le second album des Beatles : With the beatles. Les deux albums sont exportés au Etats-Unis, où quelques semaines après leur sortie, les 5 premières places du classement Billboard sont trustés par des singles des Beatles. La Beatlemania prend d’assaud l’Amérique.

En un an, les Beatles sortent deux nouveaux albums, A Hard Day’s night et Rubber Soul, et débarquent en février 64 à l’Olympia de Paris pour trois semaines de concert à guichets fermés, à raison de deux concerts par jour. Ils mettent d’ailleurs en boite un nouveau single dans les studios français de Pathé : Can’t buy me love, qui demeure l’un de l’un plus grands succès.

Ils quittent ensuite Paris, pour aller pour la première fois aux Etats-Unis. Plus de 3000 fans les attendent à leur sortie de l’avion à l’aéroport JFK de New York. Quelques jours plus tard, un événement incroyable fait trembler l’Amérique : les Beatles réalisent leur première prestation télévisuelle sur le plateau du Ed Sullivan Show sur CBS, et plus de 70 millions d’américains assistent à l’émission. Un record historique pour l’époque, et qui figure toujours comme l’un des plus gros scores de l’histoire. L’histoire d’amour entre les Beatles et l’Amérique est née, et les Beatles deviennent le premier groupe de rock à se produire dans un stade, en 1965 au Shea Stadium de New York, devant 56 000 fans déchainés. Un moment incroyable, mais terriblement difficile pour les Beatles, qui jouent sans s’entendre, leur musique étant relayée par les speakers du stade, et ne permettant pas de couvrir les cris des fans déchainés. Malgré tout, l’opération est réussie pour les Fabulous Four.

Les Beatles sortent ensuite deux nouveaux albums, Beatles for Sale, et Help!, BO du film du même nom mettant en scène les Beatles themselves.  Trois singles de cet album réussissent un véritable carton : Help!, et A ticket to ride, d’abord, qui rencontrent un véritable succès partout dans le monde.

Et le troisième titre à succès de cet album n’est autre qu’un solo, le premier de l’histoire du groupe, signé Paul McCarney : Yesterday, chanson la plus reprise du XXe siècle (plus de 3000 reprises !).

Viennent ensuite les albums Rubber Soul (au sein duquel se trouve notamment la chanson Drive my car), puis Revolver, et son célèbre Tax man, et enfin Yellow Submarine.

Les Beatles sont alors aux sommets dans le monde entier. Et c’est alors que dans une interview, John Lennon déclare : “Le christianisme disparaîtra. Il s’évaporera, décroîtra. Je n’ai pas à discuter là-dessus. J’ai raison, il sera prouvé que j’ai raison. Nous sommes plus populaires que Jésus, désormais. Je ne sais pas ce qui disparaîtra en premier, le rock ‘n’ roll ou le christianisme.”

Le public américain se fâche, et même si Paul McCartney tentera de rattraper l’affaire, le mal est profond.

Les Beatles continuent leurs tournées mondiales, et débarquent notamment au Japon, où 35 000 policiers sont mobilisés pour assurer leur sécurité, soit autant que pour les JO organisés deux ans auparavant à Tokyo. Mais à Manille, aux Philippines, un concert tourne mal, et les Beatles sont agressés. Ils décident alors d’arrêter de faire des tournées, à la demande de John Lennon. Un arrêt qui va alors destabiliser le groupe. Lennon part tourner des films, et George Harrison décide d’arrêter et déclare « Je ne suis plus un Beatle désormais ».

Il faut alors que Paul McCartney entraîne tout le monde dans un nouveau projet pour redonner un second souffle au groupe, un nouveau départ, loin des foules hystériques. Un projet qui consiste à envoyer une autre formation, imaginaire, en tournée à leur place. Celle du « Club des Cœurs Solitaires du Sergent Poivre ». L’album Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band est publié le 1er juin 1967 : ce disque est considéré par beaucoup comme leur chef-d’œuvre et sera reconnu comme la meilleure œuvre rock de tous les temps.

Pour le titre Strawberry Fields Forever, les Beatles créent eux-mêmes un petit clip vidéo, considéré depuis comme le précurseur des clips vidéos musicaux.

Mais les problèmes de drogues arrivent. John Lennon, qui a rencontré Bob Dylan lors de la première tournée américaine des Beatles, a aussi découvert du même coup les LSD, puis l’héroïne. Et ses textes s’en ressentent, avec de nombreuses allusions qui vont finalement aller jusqu’à l’interdiction de chansons jugées illicites.

Fort heureusement, Paul McCartney remet encore de l’ordre dans le groupe, et en 1967, les Beatles enregistrent une chanson en live devant 400 millions de téléspectateurs à l’occasion de la toute première émission diffusée par satellite, dans les studios d’Abbey Road. Assis dans la foule, le jeune Mick Jagger (Rolling Stones) est ébahit. Le titre de ce single? All you need is love.

S’en suivent d’autres albums à succès. Et c’est le début de la fin lorsqu’en 1968, les Beatles partent en vacances en Inde avec leurs épouses et amis. Ils y passent huit semaines et y vivent une extraordinaire période créative, composant une quarantaine de chansons. Cet hiver-là, John Lennon se rapproche de l’artiste d’avant-garde japonaise Yoko Ono, dont il ne se sépare plus, délaissant son épouse Cynthia.

De retour en studio, les Beatles enregistrent de nouveaux titres, dont un single écrit par Paul McCartney pour le fils de Lennon : Hey Jude, qui reste pour moi l’une de leurs plus belles chansons.

Ces sessions à Abbey Road sont malgré tout très tendues, la présence de Yoko Ono dans le studio, aux côtés de John, indispose fortement ses camarades. Chacun enregistre souvent séparément. Et Ringo Starr décide de quitter le groupe. Malgré cela, les « Fab Four » continuent à enregistrer : Paul McCartney se met à la batterie et George Harrison à la basse.

Ringo Starr déclarera d’ailleurs : « Je suis parti parce que j’éprouvais deux sentiments : celui de ne pas très bien jouer et celui que les trois autres étaient vraiment heureux, et que j’étais un étranger. Je suis allé voir John. […] Je lui ai dit : « Je quitte le groupe parce que je ne joue pas bien. Parce que j’ai l’impression de ne pas être aimé, d’être exclu. Alors que vous êtes tellement proches tous les trois ». John m’a répondu : « Je croyais que c’était vous trois qui étiez très liés ! » Je suis ensuite allé voir Paul et je lui ai dit la même chose. Paul m’a répondu « Je croyais que c’était vous trois ! » Je n’ai pas pris la peine d’aller voir George, j’ai dit : « Je pars en vacances ». J’ai pris les gosses et je suis parti pour la Sardaigne. »

Lorsque Ringo Starr revient de Sardaigne, il découvre sa batterie couverte de fleurs dans le studio d’Abbey Road. Ils se resserrent dans un tout petit espace pour enregistrer en direct le Yer Blues de John Lennon.

Publié le 22 novembre 1968, l’album The Beatles est salué comme une grande réussite et connaît un immense succès commercial. Le public est cependant déconcerté par Revolution 9, un long collage sonore expérimental de neuf minutes, réalisé par John et Yoko. Les trois autres Beatles supplient John de retirer ce titre du disque, sans succès.

En janvier 69, les Beatles se retrouvent autour d’un nouveau projet initié par Paul McCartney : filmer et enregistrer des répétitions pour aboutir à une prestation en public, revenir aux origines, jouer « live » comme un vrai groupe de rock’n'roll, bannir tout ajout en studio. C’est le projet Get Back.

Seul le single Get Back sortira de ces sessions. Le reste des titres étant jugé médiocre par les quatre beatles. Avec l’idée de ne pas rester sur cet échec, Paul McCartney contacte George Martin en lui proposant de faire un disque « comme avant ». « Comme vous étiez ? Avec John ? John est d’accord ? ». Et Lennon est justement d’accord.

Les Beatles vont se réunir une dernière fois dans les studios EMI d’Abbey Road, durant les deux mois de l’été 1969, bien décidés à mettre de côté leurs dissensions, à tirer dans le même sens, afin de « sortir sur une note élevée ». Abbey Road. Quoi de plus simple que de donner, à leur ultime œuvre commune, le nom de la rue – ils se font photographier sur le passage piéton, le 8 août, pour la pochette du disque – où sont situés les studios dans lesquels ils ont enregistré l’immense majorité de leurs chansons depuis sept ans.

L’album Abbey Road se vend partout dans le monde à foison. Des titres comme Here Comes the Sun, où George Harrison évoque les grands moments de tension au sein du groupe, Octopussy’s Garden, Something, ou encore Come Together deviennent mythiques.

L’apparente dernière plage du disque s’intitule The End et se termine par une inédite série de solos, et la fameuse phrase « And in the end, the love you take is equal to the love you make » (« et à la fin, tu reçois autant d’amour que tu en donnes »). La vraie dernière plage du dernier disque des Beatles, morceau caché par un « blanc » est minuscule (Her Majesty) et parle d’une manière peu commune de la reine d’Angleterre. Après avoir écouté le résultat, Paul donne son accord. N’étant pas créditée au dos de la pochette originale du 33 tours, Her Majesty est considérée comme la première chanson cachée (hidden track) de l’histoire de la musique.

John Lennon, de retour d’un concert à Toronto avec le Plastic Ono Band qu’il a crée avec Yoko Ono, annonce aux autres Beatles qu’il quitte définitivement le groupe lors d’une réunion chez Apple, le 20 septembre 1969, en réponse à Paul McCartney qui, dans une ultime tentative de relance, propose de repartir en tournée dans des petites salles. C’est la fin officielle des Beatles. Un ultime album sortira en 1970, basé sur les enregistrements de Get Back : Let it be.

S’en suivent des procès entre les maisons de disque, des petits règlements de compte entre un John Lennon un peu déboussolé et un McCartney déçu de cette fin peu réussie.

J’espère ne pas trop vous avoir perdus au cours de ce récit qui reprend seulement les grandes lignes de l’aventure de ces quatre garçons dans le vent. Un récit que j’ai pu faire grâce aux données de notre ami Wikipedia, et de sites spécialisés sur les Fab Four. Let it be…

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